Sunday, May 19th

Pour ne pas oublier les prisonniers de Enjela / Tripoli - Lybie

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Un mur de silence s'abat depuis plusieurs décennies sur les détenus de la prison secrète de l'ex dictateur libyen, Mohammar Ghedaffi.Un signal de changement devait être le printemps arabe avec la chute de Tripoli le 22 août 2011  et l'engagement de l'Otan dans la libération de la Libye. Au contraire les quartiers généraux de services secrets libyens, sur la route de Anjela, où se trouve la prison omonyme ont été bombardés à plusieurs reprises par les forces NATO.


Dans les sous-sols de ces édifices, se trouvait une prison secrète qui “hébergeait” une centaine de prisonniers, dont des dissidents au régime, des étrangers parmi eux des libanais, des palestiniens et peut-être encore trois Français, détenus ici depuis les années 80 dans des conditions inhumaines.


Quel a été le sort réservé à ces damnés ?


Sont-ils morts sous les bombes des mirages français ?
Mais les forces NATO ne devaient-elles pas protéger les civils ?
Ont-ils été éxécutés par les forces du colonel.
Sont-ils encore en vie et dans les mains des rebelelles?

 

La diplomatie française s'est impliquée dans l'affaire des infirmières bulgares et la longue procédurediplomatico-judiciaire qui eut lieu en Libye entre 1999 et 2007. Après huit longues années de procédures, les tractations françaises très largement soutenues par la Bulgarie et tous les autres pays de l'Union européenne ont permis d'obtenir la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien. Comment attribuer au Président Sarkozy ou à Cecilia la réussite de cetteopération, quand bien même d'une part le président bulgare Sergueï Stanichev aurait versé 72 millions de dollars à la Libye pour obtenir la libération des infirmières et que des doutes subsistent sur les successifs contrats d'armement, mais surtout quel soutien a été donné aux propres citoyens emprisonnés ?
Comment qualifier les déclarations, du Premier ministre, François Fillon, à propos de la visite-surprise de Cécilia Sarkozy en Libye,  "du rôle" de l'épouse du président était d'être "le symbole du souci humanitaire de la France". Quelle a été la proportion du souci humanitaire dans les interventions françaises en Libye ?

 

La caserne de Anjela


La caserne des services secrets libyens (al Muchabarat) est l'un des centres de torture du tyran. Située a Souani Ben Adem, la caserne de "Anjela" se trouve à environ une dizaine de kilomètres au Sud-Ouest de Tripoli.
En surface, c'est un centre pour les services de sécurité, locaux administratifs, mais aussi d'étranges endroits (essai d'armes chimiques?). Dans les sous-sols, l'enfer, des prisons secrètes, des cachots de 10 m2, où (sur)vivent des détenus politiques, des étrangers. Parmi eux des libanais ( peut-être y a été emprisoné l'Imam Moussa Sadr fondateur du parti «Amal» qui deviendra par la suite Hezbollah, le parti de Dieu, disparu mystérieusement après une rencontre avec le colonel) mais aussi trois français, les frères Michel et Frédéric de Strasbourg, et Bruno de Grenoble. Enfermés ici depuis les années 80, auront-ils survécu à cet enfer. Un témoin les signale tous trois en vie jusqu'en 1996 au moins.
Leurs fautes: avoir voulu trafiqué quelques bouteille d'alcool. Ils furent capturés par la police libyenne, encapuchonnés et transportés dans cet endroit sordide, sans procès. Ils auront subi les tortures des gardiens, si tu n'es pas obéissant, on t'enferme dans un trou à peine plus grand que toi, où recroquevillé, tu ne peux pas bouger, tu dois faire tes besoins sur toi-même dans l'obscurité complète. Le plus jeune d'entre eux, Frédéric, fait aussi l'objet d'attentions particulières de la part des gardiens, qui le violent sous la menace d'armes. Dans le deuxième sous-sol il y a encore des cellules sordides et une salle avec toutes sortes d'instruments de torture. Les gémissements des malheureux qui y finissent envahissent cette prison. Si tu as une dent qui te fait mal, on te l'arrache sans anesthésie, on soigne toutes les infections avec la tetraciclyne.
On ne reconnaît plus la différence entre le jour et la nuit, le couloirs des sous-sols étant illuminés 24 h sur 24. Des détenus hurlent «héroïne, héroïne...», ils veulent une injection pour oublier les douleurs et les conditions de détention. En 1986, le site est bombardé par les américains, les français sauront-ils un jour que ce n'était pas un séisme comme ils l'avaient imaginé. Les rangées de cellules sont disposés de manière que tu ne vois pas les autres détenus. Les barreaux sont vers un couloir par lequel on t'apporte la nourriture. Tu bois l'eau à même la toilette turque où tu fais tes besoins, à hauteur de plancher. Seuls les jours de fêtes musulmanes, on t'apporte des limonades et des fromages «VACHE Kiri ».
Crimes contre l'humanité à petite échelle dira-t-on, ceci explique-t-il ce silence assourdissant pendant toutes ces années ?
3 Français otages depuis 30 ans en Libye
Trois citoyens français sont détenus depuis 1985 dans une geôle libyenne, sans jamais avoir été jugés, trois dannés qui ne valent rien à en juger l’absence totale de considération de la part des médias et des autorités. Comment peut-on expliquer différemment un tel silence autour de l’abandon de ces personnes face a l' énergie déployée pour la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien ? Pendant que d'autres en paient le prix.
Je n'ose pas imaginer que les autorités fassent n'aient fait tout cela, c’est à dire rien, à défense des propres compatriotes, dans le seul but de préserver les relations avec la Libye de Mohammar Ghedaffi.
Ce serait pitoyable et indigne de la France
La détention de 3 ressortissants français dans cette prison, près de Tripoli a été signalée par acte officielle en 2001 déjà (audition en italien). Le témoin a passé 10 ans dans la même cellule de 1986 à 1996. Le Quai d'Orsay informé à diverses reprises ne s'est jamais daigné donner une quelconque réponse. La prison en question est le lieu de détention des services secrets libyens (al muchabarat). Les trois jeunes Français sont détenus en rapport à une futile question d'alcool; il semble davantage que le motif soit une rétorsion contre la France à cause des rapports très tendus à l'époque entre le Ministère de Roland Dumas et la Libye, sur le contentieux de la «Bande d'Aouzou (Tchad contre Libye)» .
Le leader libyen est d'ailleurs habitué à ce genre de pratique. En 1978 déjà il faisait disparaître l'imam libanais Moussa Sadr et ses deux compagnons.
www.alwihdainfo.com/Le-libanais-Imam-Moussa-SADR-est-bien-vivant-et-incarcere-en-Libye_a36.html

 

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